dessin olivier rinckel

Entretien avec OLIVIER RINCKEL

Olivier Rinckel nous parle de son parcours hors du commun et de ses projets.

dessin de Tomi Ungerer
Cheese – Intépretation d’un dessin de Tomi Ungerer à l’occasion des 80 ans de l’artiste pour « Zut ! magazine ».

Graphiste, cuisinier, autodidacte, parles-nous de ton parcours plutôt atypique ?
À la base j’ai toujours aimé avoir un crayon entre les doigts. J’aurai vraiment aimé trouver un métier en rapport avec le dessin mais comme au collège j’étais tout juste dans la moyenne, on m’a conseillé de choisir un métier plus manuel. J’ai donc opté pour la cuisine, c’est créatif et visuel. J’ai fais pas mal de trucs, de la patisserie, de la cuisine gastronomique, traditionnelle, des pizzas, du traiteur etc. Je ne me sentais pas à ma place derrière les fourneaux, j’avais envie de changement et surtout je dessinais toujours, j’avais même trouvé un canard régional qui m’envoyait des articles et publiait mes caricatures de presse. Alors quand mon dernier patron à mis la clé sous la porte, j’ai repris des études à Lisaa Strasbourg qui proposait une formation en communication. Ça m’a permis d’apprendre à me servir de logiciels et d’expérimenter tout un tas de trucs graphiques. Ensuite j’ai bougé sur Paris, mais je n’ai fais que des stages, en pleine entrée dans la crise les embauches se faisaient rares. J’ai eu plus d’opportunités de travail en créant le Département 281, mon studio de création freelance, ce qui ne m’a pas empêché de continuer à dessiner. C’est d’ailleurs l’intention de me détacher au maximum de mon ordinateur, dépendre le moins possible des logiciels qui m’a amené à ce que je fais aujourd’hui.

olivier rinckel illustration
The Show – accumulation – format 50x65cm.

Comment décrirais-tu ton travail ?
Un bon crayon, du papier et de l’huile de coude. J’aime le manuel, et la performance graphique aussi, les compositions tournantes, les courbes passer par des étapes difficiles…
Le minimalisme c’est efficace, mais je préfère cette sensation d’être abasourdi devant une image pleine d’informations, dont on arrive plus à sortir. Mon truc c’est le détail dans le détail, je prends du plaisir à dissimuler, camoufler des éléments, pour faire plaisir à celui qui ira jusqu’au bout de la lecture de mon image.

Aime Moi Plus
Aime Moi Plus.

Comment approches-tu une nouvelle commande ?
Recevoir un brief est un bon début ! En fait je trouve intéressant le processus de création selon une intention particulière, avoir la contrainte d’une charte ou d’une narration comme point de départ.

Laurence 666
À La Poursuite Du Chien De Blaise – Parution dans Laurence 666 n°4.

Quelles sont tes influences ?
Plus le temps passe et plus je me rends compte qu’il me reste pas mal de traces de l’enfance, des influences de dessins animés, de BD, des systèmes graphiques bien ancrées, l’autre jour je regardait un épisode de Saint Seiya, et j’ai reconnu ma manière dessiner des cheveux longs dans le personnage de Shiryu…
Sinon j’apprécie le mécanisme créatif des surréalistes comme Magritte par exemple, Escher pour la technique, Jérôme Bosch car il est vraiment cinglé.. Autrement j’avoue ne pas chercher trop d’inspiration dans l’art, mais plutôt dans mon propre environnement, les expériences personnelles, ou même l’actualité.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
En ce moment je travaille sur une illustration pour La Folie Douce avec Lezilus, un sujet personnel d’actualité sur le thème des robots et je prépare également des blasons pour le prochain numéro de Laurence 666.

Less is less

Plus d’images d’Olivier Rinckel.

stephen vuillemin

Rencontre avec STEPHEN VUILLEMIN

Lezilus a rencontré l’illustrateur Stephen Vuillemin qui vous en dit plus sur son parcours, ses techniques de travail et son actualité.

illustration pour le New-York Times
Ma dernière illustration pour le New-York Times, pour un article au sujet des relations amoureuses en ligne.

Parles-nous un peu de ton parcours dans l’illustration et l’animation…
J’ai étudié l’animations aux Gobelins à Paris. Ensuite j’ai travaillé comme animateur ou réalisateur – selon les projets – plusieurs années à Paris, puis à Londres où je réside maintenant. À partir de 2011 j’ai commencé à publier des BD animées sur mon blog. À partir de là des contrats d’illustration ont commencé à venir. On me demande encore beaucoup de gifs animés, mais aussi parfois de simples illustrations.

journaliste Hugo Rifkind
Ma derniere illustration pour le GQ anglais. J’y illustre la tribune du journaliste Hugo Rifkind.

Peux-tu nous en dire plus sur ton processus de travail d’animation ?
Je travaille directement à l’ordinateur avec ma Wacom™.

  1. Je fais d’abord un dessin en trait que je soumet au client.
    Je dessine un rough très propre, qui ressemble à ce qu’on peut voir sur mon Tumblr.
  2. Si le client est satisfait je passe tout en couleur.
  3. J’anime enfin ce qu’il y a à animer.
    La plupart du temps ma technique est très traditionnelle et je travaille en animation 2D frame-by-frame. Par contre mes outils sont très modernes et me font gagner beaucoup de temps.
rapports masculin / féminin
Avant de passer en couleur et d’animer, mes dessins peuvent ressembler à ça. Celui-la fait partie d’une série sur les rapports masculin / féminin que je fais pour mon Tumblr.
illustration pour Matter
Ma nouvelle illustration pour Matter pour un article au sujet d’une Application qui permet d’espionner ses amis Facebook dans leur vie intime via leurs dépenses partagées…

Quelles sont tes influences graphiques et narratives ?
C’est toujours un peu compliqué comme question, mais si je dois donner quelques noms de faiseurs d’images dont les choses me tiennent à coeur je dirai : Miyazaki, Otomo, David Lynch, l’estampe japonaise, Cronenberg, Guy Bourdin, Gregg Araki, Toilet paper…
Des sources d’inspiration : Londres, Paris, Internet, les clips de rap, la mode.

réseau internet aux USA
Une illustration pour le New-York Times, pour un article au sujet de la vitesse croissante du réseau internet aux USA.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je termine une série de gifs pour GQ (us). Je fais avancer mon premier livre qui est une BD de science-fiction au crayon de couleur. J’alimente sporadiquement mon Tumblr avec des petits dessins en noir et blanc sur le thème masculin / féminin.

purebakingsoda.fr
Un gif animé pour le blog sur le rap purebakingsoda.

Plus d’images de Stephen Vuillemin.

virginie morgand

VIRGINIE MORGAND nous parle de son parcours artistique

Rencontre avec Virginie Morgand, la petite nouvelle de Lezilus qui nous fait partager son goût pour la sérigraphie.

Le Tour du Monde de Mouk
Le Tour du Monde de Mouk / Albin Michel / Marc Boutavant / © Millimages.

Peux-tu nous en dire plus sur tes débuts dans le dessin animé ?
Quand je suis arrivée à Paris, j’ai commencé par travailler dans des studios d’animation pour des court-métrages et des séries TV. Je suis passé par plusieurs postes différents : du characdesign à l’élaboration de décors, puis le storyboard.
Tout a commencé quand j’ai travaillé pour la série Le Tour du Monde de Mouk, adaptée du livre de Marc Boutavant et réalisée par François Narboux. La production de la première saison a duré trois ans ! C’est très rare dans les séries actuelles. En équipe, on a tout fait pour fournir un travail de qualité, pour élargir avec le plus de fidélité possible l’univers de l’auteur.
Ça a été une expérience très enrichissante pour moi. J’y ai rencontré des gens formidables et passionnés, dont beaucoup étaient par ailleurs illustrateurs.

Sérigraphie la plage
Série Foule #01 – La Plage / Sérigraphie 3 couleurs sur papier Laurier 250g 100% coton en 50 exemplaires.

Pourquoi avoir toi-même choisi de te spécialiser dans l’illustration et le print ?
J’avais besoin de faire quelque chose de manuel – en continuant à dessiner – et de revenir au contact du papier. Je voulais sortir des contraintes graphiques de l’animation et développer mon univers.
L’illustration alliée à l’estampe était pour moi une bonne solution.
J’ai rencontré Valérie Vernet et Nathalie Leroy Fiévée de l’Atelier Dupont. Elles m’ont formé à la sérigraphie et j’ai adoré ! Elles m’ont poussé à l’expérimentation. L’impression manuelle permet d’obtenir des effets graphiques intéressants avec les petits défauts et décalages qui à mon gout apportent un charme particulier.

Sérigraphie La Piscine
Série Foule #02 – La Piscine / Sérigraphie 3 couleurs sur papier Laurier 250g 100% coton en 50 exemplaires.

Je crois que tu as même été jusqu’à créer ton propre atelier…
Oui j’ai depuis crée mon propre atelier d’estampes à Paris.
Je partage un atelier avec une graphiste et des restauratrices de livres anciens. J’ai un espace dans lequel je sérigraphie moi-même certaines de mes affiches. Je travaille à la fois sur ordinateur et sur papier. J’utilise des feutres et des encres afin de trouver mes couleurs.

séries Foules et Kabaret
Les séries Foules et Kabaret sont exposées à la Slow Galerie au 5 rue JP Timbaud & 141 rue Amelot à Paris.

Que se passe t-il en ce moment dans l’atelier de Virginie Morgand ?
Je travaille actuellement sur mon deuxième livre jeunesse pour les éditions MeMo : un abécédaire sur les marins. Je me régale !
Je réalise aussi des illustrations pour le magazine Histoire Pour Les Petits chez Milan Jeunesse. J’essaie aussi de garder un peu de temps pour des projets personnels comme ma série d’affiches de foules.

sérigraphie virginie morgand Le Parc
Série Foule #05- Le Parc.

Plus d’images de Virginie Morgand.

yassine toma approche décontractée de l'histoire du graphisme

Une Approche Décontractée De L’Histoire Du Graphisme par Yassine et Toma Bletner

Entretien avec Yassine et Toma qui nous font partager les coulisses de leur Approche Décontractée De L’Histoire Du Graphisme.

yassine toma bletner

Une Approche Décontractée De L’Histoire Du Graphisme est un projet de bande dessinée réalisé par Yassine et Toma Bletner. Les auteurs nous en disent plus sur ces strips qui paraissent quotidiennement dans Libé.

toma yassine

Comment est né ce projet de bande dessinée avec Toma Bletner ?
Yassine : Il faut dire que c’est une idée de Toma. Une idée bizarre même, mais qui m’a plu tout de suite. D’abord parce que c’est une idée originale, et aussi car c’est l’occasion de nous plonger dans cette riche histoire et d’y apprendre des choses. C’est toujours fun de creuser et de s’instruire. De plus cela nous oblige à re-penser la BD en y incorporant du graphisme. Il est amusant de teinter chaque strip avec l’esprit des créateurs dont on parle. Cela modifie plein de choses et me fait faire des trucs dont j’aurais jamais eu l’idée autrement. On garde ce côté laboratoire ludique déjà présent dans le projet Monsieur Strip. Et puis dessiner de la typo est un plaisir pour moi. Même faire les textes des bulles est agréable.

yassine strip bd

Toma : C’est une idée que l’on avait en tête après la sortie de l’album Monsieur Strip il y a 2 ans. On parle souvent de graphisme. On se passionne pour ça, moi en m’impliquant dans l’organisation du Festival Chaumont Design Gaphic ou dans mes activités pros. Yassine s’implique via son travail de graphiste, ses blogs ou émissions radios (Le Gratin). L’idée était d’en faire quelque chose de distrayant et un peu irrévérencieux pour amener les gens à regarder un peu plus le graphisme qui les entoure au quotidien en prenant conscience que derrière tout cela il y a des signatures.

toma strip bd

Comment s’est fait la sélection des graphistes pour cette histoire du graphisme forcément très subjective ?
Toma : En échangeant tous les deux. On est bien conscients que l’on ne pouvait pas être exhaustifs en 36 strip mais on peut malgré tout fixer quelques repères. Dans ma composition de scénarios j’ai mis en place un système que j’appelle « la narration 3 petits chats » (on m’a dit de déposer le concept). Dans chaque strip un élément introduit le strip le suivant. Comme dans la chanson « 3 petits chats, chapeau de paille, paillasson, etc… ». Cela apporte une autre dimension à la série et me permet de faire des passerelles entre John Baskerville et Massin lorsque ce dernier décide d’utiliser la Baskerville pour la maquette de la collection Folio. Si vous les relisez tous vous verrez qu’ils fonctionnent comme une chaine, sans pour autant se suivre stricto senso.

libé strip bd

Yassine : Y’a des gens dont on voulait parler et on n’a pas pu le faire. Parfois c’est compliqué. L’envie ne suffit pas, car il faut aussi trouver des idées qui fonctionnent. Il s’agît réellement d’une première approche. Une approche imparfaite mais qui nous permet de mieux envisager la direction future de ce projet. Grâce à Libé on a aussi pu appréhender la complexité du truc. Il n’y a pas que les graphistes. Il y a aussi des courants de pensée et des pratiques populaires, vernaculaires qui peuvent nous intéresser. Le champs du graphisme est tellement vaste. On peut aussi y inclure des gens comme Franquin et ses signatures, des artistes conceptuels reconnus comme Laurence Wiener ou Opalka, ou encore des artistes d’art brut qui on une approche plus instinctive de la typo. Tout ça mérite d’être inclus afin de garder une vision ouverte de la chose. Beaucoup de curiosités méritent d’être mentionnées. J’aime l’idée que l’histoire et l’anecdotique se côtoient. Et ça a du sens. Beaucoup de graphistes s’inspirent d’une typo trouvée dans la rue afin d’en créer une autre. Le dialogue est nécessaire afin de restituer le côté protéiforme de l’art en général et du graphisme en particulier.

une approche décontractée de l'histoire du graphisme

Y’aura t’il des suites après la sortie dans Libé ?
Toma : Nous avons eu plusieurs demandes.
La suite idéale serait un ouvrage complet qui nous permette de réellement déployer cette histoire du Graphisme. Je pense qu’un tel ouvrage intéresserait de nombreux lecteurs, qu’ils soient pros, étudiants, ou simplement passionnés. Il faudrait que le bouquin soit beau, épais et bien diffusé, et nous serions contents. Il faut aussi saluer Alain Blaise de Libé qui, lorsqu’il a proposé de nous ouvrir à nouveau les colonnes du journal, a accepté l’idée sans voir un strip.

histoire graphisme BD

Yassine : Oui c’est important de se sentir soutenu. On a carte blanche avec Libé. C’est appréciable. Pour nous, publier des strips dans un quotidien c’est le rêve. C’est leur environnement naturel et c’est si rare en France. Faire ce livre implique beaucoup de travail pour que le résultat soit à la fois objectif et personnel. Et on est toujours un peu iconoclaste. Je pense qu’il est important de pas mythifier les choses. « Imprimer la légende » comme dit John Ford, c’est bien si on l’oppose à un point de vue inverse qui renvoie à la réalité. Il s’agît de ne pas perdre la complexité. On raconte une belle histoire qu’il ne faut pas croire. Finalement on a pas besoin de croire au père Noël pour trouver que son histoire est belle. Surtout nous ne voulons pas écrire une histoire officielle.

yassine toma bletner

jacques floret agnes b nyc red ball

JAQUES FLORET expose Red Ball chez agnes b. New York

Rencontre avec Jacques Floret qui expose sa série Red Ball à New-York, à la galerie-boutique agnès b.

jacques floret bic

Nous vous avions parlé de la série Red Ball de Jacques Floret présentée à Paris chez agnès b.
L’artiste poursuit l’aventure Red Ball avec une nouvelle exposition de l’autre côté de l’Atlantique du 1er août au 7 septembre 2014. Rencontre avec Jacques Floret qui nous en dit plus.
Plus d’images de Jacques Floret.

jacques floret agnes b nyc

jacques floret fille nue dessin

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta série Red Ball ?
Au commencement, c’était une commande de la galerie londonienne Lazarides. Ils m’ont contacté afin que je leur dessine des posters. Je leur ai proposé une série de jeunes filles avec des ballons rouges. Ils ont accepté. Je me suis donc mis au travail… Les jeunes filles, c’est comme les dauphins ou les couchers de soleil, c’est du familier, de l’ordinaire. On a tous une multitude de souvenirs liés à ce type d’images… Quant aux ballons, ils ont tous la même circonférence, ça donne une belle cohérence à l’ensemble.

agnes b New York

jacques floret nude girl drawing

Tu exposes actuellement la série à NY. Comment s’est faîte la connexion ?
Eh bien simplement. J’ai présenté tout d’abord la série à Paris, en février. C’était rue Dieu, au siège agnès b. Elle a vu l’expo. Elle a aimé. Elle a décidé que ce serait une bonne idée de l’envoyer à New-York, cet été… Pour là-bas, j’ai ajouté quelques nouvelles filles en tenue de plage et des ronds rouges afin d’agrémenter la boutique.

jacques floret red ball

jacques floret agnes b t-shirt

Parle-nous des produits dérivés sortis à l’occasion de l’exposition Red Ball.
Suite à l’exposition de février, j’ai été mis en contact avec la fondation Bic. On a bu du jus d’orange, ils ont décidé, pour New York, de produire un stylo 4 couleurs qui témoignerait de l’évènement. Et agnès b. a fait imprimer des cartes postales avec les jeunes filles de la série. À tout ça, on a ajouté des tee-shirts dont j’avais dessiné les motifs quelques temps auparavant. Des trucs, avec des filles qui marchent sur des hommes ou qui jouent avec des rubans de couleurs.

jacques floret beach girl

jacques floret exposition

Quels sont tes projets pour la rentrée de Septembre 2014 ?
J’ai terminé, y’a pas longtemps, des illustrations pour un livre de Mercedes Deambrosis. Ça va paraître aux éditions du Chemin de fer. J’ai aussi dessiné une affiche pour l’Université de Strasbourg, au stylo bille 4 couleurs. Et maintenant, comme je prépare de nouvelles expositions, je cherche des idées un peu biscornues qui feront sourire mes amis.

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