JACQUES FLORET nous parle de ses illustrations pour le livre Parfaite !

Entretien avec Jacques Floret à l’occasion de la sortie du livre Parfaite ! de Mercedes Deambrosis.

couverture de Parfaite ! de Jacques Floret et Mercedes Deambrosis

Peux-tu nous présenter le livre sur lequel tu viens de travailler ?
Il s’intitule Parfaite ! C’est un texte court écrit par Mercedes Deambrosis, publié par les éditions du Chemin de fer. Je l’ai illustré. C’est le monologue d’une femme de soixante-trois ans qui se veut sans aucun défaut. Elle s’efforce d’être toujours belle, toujours élégante, toujours comme il faut. Et c’est pas tous les jours facile, facile.

illustration de jacques floret

Comment s’est déroulé la collaboration avec les éditions du Chemin de fer ?
Très simplement. J’étais en contact avec Renaud Buénerd, l’un des responsables des éditions. C’est lui qui m’a proposé ce texte. On avait envie de travailler ensemble, depuis pas mal de temps. Avec Parfaite !, c’était l’occasion. Il m’a laissé libre de dessiner ce que je voulais, comme je le voulais. On s’est rencontré deux ou trois fois autour d’un verre. On a discuté. Il m’a dit que Mercedes Deambrosis, c’était la romancière préférée de sa mère, parmi tous les écrivains qu’il avait déjà publiés. On a trinqué à sa santé.

jacques-floret-livre-parfaite-2

Comment as-tu travaillé avec Mercedes Deambrosis?
Je n’ai pas travaillé avec Mercedes Dembrosis. J’ai travaillé à partir de son texte, uniquement. Je ne la connaissais pas, je ne la connais toujours pas. Elle va dédicacer Parfaite ! au salon de l’Autre Livre, Espace des Blancs Manteaux, le dimanche 16 Novembre. Je vais la rencontrer là-bas pour la première fois. Elle me dira probablement ce qu’elle pense de mes images.

dessin de jacques floret

Peux-tu nous parler de ton processus de travail et de tes inspirations sur ce livre?
Je ne voulais pas dessiner les personnages, les lieux, les évènemments qui font l’histoire du livre. Je voulais des illustrations qui se confrontent au texte d’une manière un peu moins… traditionnelle. L’héroïne est très coquette, elle aime la mode, les marques. Autant donc évoquer son univers mental… Pour ce faire, j’ai découpé au hasard, des photos sexy dans les magazines féminins. Ensuite, sans hésitation, je les ai décalquées. J’ai ainsi réuni une bonne trentaine de fragments d’images. Je leur ai donné un même format. C’est eux qui colorent maintenant le livre.

jacques floret pour les éditions du chemin de fer

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Je termine un livre. Je débute une série de cinq sérigraphies. Je dessine un papier peint, du mieux possible.

illustration de mode pour le livre des éditions du chemin de fer

dessin d'illustration du livre de Mercedes Deambrosis

Plus d’images de Jacques Floret.

Entretien avec ARNAUD BOUTIN

Nous avons rencontré Arnaud Boutin qui nous parle de son parcours, ses inspirations, et la manière dont il créé ses illustrations.

arnaud boutin

Peux-tu nous retracer rapidement de ton parcours artistique ?
Mon parcours artistique démarre à mon plus jeune âge, c’est ma maman qui m’a donné l’envie de faire du dessin, elle organisait souvent des ateliers poteries, de découpage/collage… Les activités créatives occupaient une place importante à la maison.
J’ai ensuite suivi un parcours Littéraire et Arts Plastiques au lycée puis je suis passé dans plusieurs établissements, faculté d’Arts, L’ENSAAMA Olivier de Serres, le lycée expérimental de Sèvres puis les Gobelins.

arnaud boutin dessin noir et blanc

Présente nous en quelques mots ces nombreux personnages qui peuplent ton univers…
Ces personnages sont comme un monde parallèle que je me crée, influencé par ce que je vois ou vis quotidiennement, je les garde en tête un moment puis les mets sur papier, naturellement avec le temps les choses s’évaporent et je n’en retiens que certains traits ou actions qui ont retenu mon attention.
J’ai toujours aimé les personnages un peu faiblards, les petits, les grands maigres, les gros, les chauves…. Ils ont des traits ou caractères forts, on les remarque. Comme au cinéma les comédiens les plus beaux sont souvent les plus ennuyeux à mes yeux, je suis plus attiré par les personnes comme Dustin Hoffman, Pierre Richard ou Robert De Niro que par Léonardo Dicaprio… Les beaux ont aussi leurs forces, ils sont juste moins marrant à dessiner ou demande un bon niveau de dessin pour ça ! J’ai redécouvert les films d’Alain Delon que je n’aimais pas trop lorsque j’étais petit et que j’adore maintenant, qu’il est beau…
J’aimerais réunir tout ces personnages dans un livre mais je n’ai pas encore trouvé qui occuperait la place principale… Je cherche toujours.

arnaud boutin musique illustration

Peux-tu nous décrire la manière dont tu abordes un nouveau projet ?
Quand je reçois un projet, je passe beaucoup de temps à simplement y penser. Je ne commence pas à dessiner directement.
Je lis l’histoire et je la laisse de côté dans ma tête. Petit à petit je commence à imaginer les personnages, les situations.
Une fois que les idées se bousculent, j’essaie de les mettre sur papier en me disant « il faut s’y mettre ! »
Certains projets prennent plus de temps, cela dépend de mon inspiration ou si je suis sur plusieurs projets en même temps.

arnaud boutin illustration devanture pharmacie

De nombreux lettrages sont souvent intégrés à tes illustrations, comment envisages-tu le travail typographique ?
Je n’ai jamais trop pensé à la typographie. C’est simplement un des éléments qui compose notre environnement visuel.
Du coup j’en intègre naturellement dans des dessins, mais uniquement si celles-ci donnent un sens à l’image ou sont simplement nécessaires.
J’aime que les lettres s’harmonisent avec le reste de l’image. Il faut qu’elles trouvent leurs places et j’essaie d’y réfléchir un peu.

illustration hot dog snack

Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Elles sont diverses et se viennent naturellement du graphisme et de l’illustration mais pas que… Des illustrateurs comme Maurice Sendak, Richard Scary, Edward Gorey, Quentin Blake, Sempé, Quino et Shultz m’inspirent beaucoup. Enfant j’empruntais leurs livres à la bibliothèque et ce sont encore mes références aujourd’hui.
D’autres dessinateurs et auteurs du moment continuent de m’impressionner. J’aime beaucoup Blutch pour son dessin et son humour proche de la perfection, ah ah.
Des personnes comme Bruno Salamone et ses personnages si bien caricaturés aussi, Jean Jullien qui a un style très graphique et plein d’humour, Anouk Ricard et ses idées « débilos »… Toute la bande de L’Articho, Delphine Durand, Yassine et Chamo sont des artistes inspirants. J’en oublie certainement car il y’en a tellement !
J’adore voir l’univers de chacun, qui au fil du temps se développe et est un moteur pour dessiner aussi.
Je m’inspire aussi beaucoup des films que je vois ou de la personnalités de mes amis ou des gens que je côtoie… Je fais de plus en plus attention à l’actualité, qui reste une des meilleure source d’inspiration.

dessin arnaud boutin

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
En ce moment j’essaie de développer mes propres histoires, chose difficile parce que je recommence sans cesse à zéro…
Cela me prend pas mal de temps. Je travaille aussi sur la suite du Premier Jour de classe avec Davide Cali et Michel Lagarde, ainsi qu’un autre livre pour les éditions Milan…

personnages arnaud boutin

Plus d’images d’Arnaud Boutin – Nodar.

nodar

MARCUS OAKLEY nous emmène en ballade sur les fleuves français

Le tourisme fluvial se pratique de plus en plus en France. Où naviguer ? Marcus Oakley nous en dit plus sur la carte qu’il vient de dessiner pour Le Tourisme Fluvial.

Le Tourisme Fluvial en France
Carte illustrée de l’artiste Marcus Oakley pour Le Tourisme Fluvial en France.

Que peux-tu nous dire concernant la carte que tu as dessinée pour Le Tourisme Fluvial ?
Ce projet a été commandée par Fluvial, le portail du tourisme fluvial en France et en Europe. Ils proposent des locations de bateaux sans permis, des croisières et différents services liés au tourisme sur l’eau. L’idée pour cette image était de dessiner une carte de France avec plein de trucs français dessus.

Peux-tu être plus précis à propos du cahier des charges que tu as reçu ?
Le brief était d’illustrer toutes les voies navigables en France. Le but de cette image est de promouvoir les vacances en bateaux pour Le Tourisme Fluvial.

L’image n’a pas dû être simple à réaliser, je me trompe ?
Tout à fait. Dessiner cette image m’a donné quelques maux de tête lorsqu’il a s’agît d’inclure toutes les demandes du client sur une même image.

carte des voies navigables françaises
Détail de la carte des voies navigables françaises dessinée par Marcus Oakley.

As-tu appris des choses sur la France en réalisant cette illustration ?
Oui ! J’ai bien entendu beaucoup appris en ce qui concerne les voies navigables françaises, mais également des choses sur la cuisine et certains sites historiques. Dessiner cette image m’a en tous cas motivé à acheter une casquette de capitaine et à sauter sur un bateau pour partir naviguer sur les Fleuves tout autour de la France.

Sur quoi travailles-tu en attendant de te lancer à l’assaut des fleuves français ?
En ce moment je travail sur plusieurs projets dont je ne peux pas vraiment parler pour le moment. En attendant de lever le secret sur ces nouveaux projets, je peux vous dire que j’ai dessiné avec frénésie et utilisé beaucoup de mes chers feutres Berol.

OLIVIER RINCKEL et son amour pour la typographie

L’artiste et illustrateur Olivier Rinckel revient pour nous sur son amour pour la typographie.

Les naufragés de l'amer typographie

D’où vient ton goût pour la typographie ?
Au début je n’y étais pas vraiment sensible. J’ai mis du temps à comprendre que le texte pouvait lui aussi devenir l’image. Je le voyais comme quelque chose d’informatif, voir secondaire.
Mon réel intérêt pour la typographie est venu simultanément par mon apprentissage de la communication et par l’observation de ce que faisaient des potes qui graffaient. C’est en bossant sur mes premiers projets en tant que graphiste que j’ai vraiment intégré le principe d’exprimer une idée sans autre élément que du texte.

Les naufragés de l'amer

Selon toi il n’y a donc pas vraiment de différence entre le fait de dessiner des lettres et celui de dessiner des éléments figuratifs ?
J’aborde en effet une lettre exactement de la même manière que j’aborde un élément figuratif. Je pense que la lettre est un dessin au même titre qu’un portrait ou un plan d’architecture. Il faut la composer, respecter les proportions et la répartition des masses jusqu’à trouver un équilibre parfait. Cela demande énormément de concentration et de justesse.
La seule différence est l’intention. Une lettre qui fonctionne bien doit être identifiable, seule ou à plusieurs pour former un mot et lui donner un sens particulier.

olivier rinckel typographie

handmade font

olivier rinckel composition

Comment procèdes-tu lorsque tu travailles sur une lettre ou un logo ?
Qu’il s’agisse d’une commande ou d’un projet personnel, j’essaie toujours d’être le plus pertinent possible. Je met un soin particulier à choisir les lettres et leur forme générale en fonction de ce que je souhaite exprimer.
Je fais ensuite des essais plus ou moins poussés.
Je créé souvent plusieurs versions avant de finalement en choisir une, le but étant de trouver l’harmonie parfaite.
Quand il s’agit d’un projet personnel je passe beaucoup de temps sur la composition. Je travaille sur une compo que je met de côté et reprend quelques jours plus tard pour finalement la trouver ennuyante et recommencer à zéro.
D’une manière générale j’aime placer un titre ou des déclinaisons typographiques pour accompagner et renforcer le sens de mes illustrations figuratives.

sexy sushi logo

juicy typographie

Quelles sont tes références en matière de lettrage ?
Comme je le disais plus haut, observer mes amis faire du graffiti m’a permis d’avoir une approche différente du lettrage. Cela m’a donné le goût de la typographie manuscrite, que l’on retrouve par ailleurs beaucoup dans l’art du tatouage.
Le livre Scriptes, l’Âge d’Or du Lettrage d’Inspiration Manuscrite paru chez Thames & Hudson m’a énormément influencé. C’est un ouvrage complet, qui présente les scriptes selon leur pays d’origine, et j’ai un petit faible pour la partie qui concerne les États-Unis.
Autrement je passe beaucoup de temps sur les sites de typographie, comme FontShopPro par exemple.
Le lettrage est omniprésent dans notre quotidien, simplement observer les polices que l’on voit dans la rue ou sur internet est également une bonne source d’inspiration.

Nobody knows the revenge of the black sheep

Plus d’images d’Olivier Rinckel.

TABAS nous présente son travail pour Marsatac 2014

Tabas revient pour nous sur ses 10 ans de collaboration avec le festival Marsatac, et nous présente par la même occasion son travail pour l’édition 2014.

tabas marsatac 10 ans collaboration

Peux-tu nous présenter en quelques mots ton travail pour Marsatac 2014 ?
Cette édition 2014 vient clore une trilogie développée autour de la thématique « Riot » entre 2010 et 2013. En 2013 Marseille a été capitale Européenne de la culture, et cette année 2014 marque une évolution par rapport à la communication des années précédentes. La direction du visuel Marsatac 2014 est en effet placée sous le thème de l’illusion… On y découvre une porte double proposant à la fois une ouverture vers les étoiles et une ouverture vers un univers visuel et sonore. Ce visuel illustre assez bien ce que sera cette édition 2014 du festival.

marsatac 2014

tabas festival marseille illustration

Après maintenant 10 ans de collaboration, comment parviens-tu à renouveler l’univers graphique de Marsatac ?
Avec le temps une identité visuelle s’est peu à peu développée, avec comme constante un côté pop et un certain goût pour le fait-main. Chaque année on propose une idée de fond guidée par l’actualité ou nos envies personnelles. Des invasions martienne du début à l’émeute des dernières années, la communication du festival a pris différentes formes.
Le projet de loi Fillon interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public a par exemple donné les flyers bandanas en tissus. Un visuel uniquement typographique pour annoncer la programmation a permis de diffuser des flyers « emballages de pommes ». Le « non visuel », avec l’affiche blanche portée par les artistes de l’évènement nous a permis de mettre la programmation en dehors de l’affiche…
Le thème de l’invasion reste une constante, parfois un peu acide mais toujours bon enfant…
Le plaisir reste un ingrédient essentiel de la création des visuels Marsatac.

festival Marsatac
Affiche « emballage de pomme » pour la 9ème édition de Marsatac.
artiste Marseillais
Cette affiche blanche est une collaboration précédente entre l’artiste Marseillais et le festival.

Quelles ont été tes sources d’inspiration pour cette thématique Illusion de l’édition 2014 ?
Je peux évidemment citer travail de Maurits Cornelis Escher qui reste une référence en matière d’illusion visuelle. J’aime également les « magic black hole » d’Acme que l’on retrouve entre autre dans la série Bip Bip et le Coyote…

illusion visuelle

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Les commandes ne représentent finalement que la moitié de mon travail. L’alternance commandes et projets personnels alimente en permanence mon processus créatif. Je travaille en ce moment sur des évènements musicaux, des projets autour de la nourriture, des marques d’alcool, et je collabore avec le pâtissier Mandonato afin de créer l’identité visuelle de sa patisserie Saint Victor. Je prépare par ailleurs un projet d’exposition dans une immense villa abandonnée des quartiers « riches » de Marseille. C’est une sorte de villa T-moins, une résidence d’artistes qui aura une durée de vie éphémère.

marsatac 25 27 septembre 2014

Plus d’images de Tabas.

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