OLIVIER RINCKEL et son amour pour la typographie

L’artiste et illustrateur Olivier Rinckel revient pour nous sur son amour pour la typographie.

Les naufragés de l'amer typographie

D’où vient ton goût pour la typographie ?
Au début je n’y étais pas vraiment sensible. J’ai mis du temps à comprendre que le texte pouvait lui aussi devenir l’image. Je le voyais comme quelque chose d’informatif, voir secondaire.
Mon réel intérêt pour la typographie est venu simultanément par mon apprentissage de la communication et par l’observation de ce que faisaient des potes qui graffaient. C’est en bossant sur mes premiers projets en tant que graphiste que j’ai vraiment intégré le principe d’exprimer une idée sans autre élément que du texte.

Les naufragés de l'amer

Selon toi il n’y a donc pas vraiment de différence entre le fait de dessiner des lettres et celui de dessiner des éléments figuratifs ?
J’aborde en effet une lettre exactement de la même manière que j’aborde un élément figuratif. Je pense que la lettre est un dessin au même titre qu’un portrait ou un plan d’architecture. Il faut la composer, respecter les proportions et la répartition des masses jusqu’à trouver un équilibre parfait. Cela demande énormément de concentration et de justesse.
La seule différence est l’intention. Une lettre qui fonctionne bien doit être identifiable, seule ou à plusieurs pour former un mot et lui donner un sens particulier.

olivier rinckel typographie

handmade font

olivier rinckel composition

Comment procèdes-tu lorsque tu travailles sur une lettre ou un logo ?
Qu’il s’agisse d’une commande ou d’un projet personnel, j’essaie toujours d’être le plus pertinent possible. Je met un soin particulier à choisir les lettres et leur forme générale en fonction de ce que je souhaite exprimer.
Je fais ensuite des essais plus ou moins poussés.
Je créé souvent plusieurs versions avant de finalement en choisir une, le but étant de trouver l’harmonie parfaite.
Quand il s’agit d’un projet personnel je passe beaucoup de temps sur la composition. Je travaille sur une compo que je met de côté et reprend quelques jours plus tard pour finalement la trouver ennuyante et recommencer à zéro.
D’une manière générale j’aime placer un titre ou des déclinaisons typographiques pour accompagner et renforcer le sens de mes illustrations figuratives.

sexy sushi logo

juicy typographie

Quelles sont tes références en matière de lettrage ?
Comme je le disais plus haut, observer mes amis faire du graffiti m’a permis d’avoir une approche différente du lettrage. Cela m’a donné le goût de la typographie manuscrite, que l’on retrouve par ailleurs beaucoup dans l’art du tatouage.
Le livre Scriptes, l’Âge d’Or du Lettrage d’Inspiration Manuscrite paru chez Thames & Hudson m’a énormément influencé. C’est un ouvrage complet, qui présente les scriptes selon leur pays d’origine, et j’ai un petit faible pour la partie qui concerne les États-Unis.
Autrement je passe beaucoup de temps sur les sites de typographie, comme FontShopPro par exemple.
Le lettrage est omniprésent dans notre quotidien, simplement observer les polices que l’on voit dans la rue ou sur internet est également une bonne source d’inspiration.

Nobody knows the revenge of the black sheep

Plus d’images d’Olivier Rinckel.

TABAS nous présente son travail pour Marsatac 2014

Tabas revient pour nous sur ses 10 ans de collaboration avec le festival Marsatac, et nous présente par la même occasion son travail pour l’édition 2014.

tabas marsatac 10 ans collaboration

Peux-tu nous présenter en quelques mots ton travail pour Marsatac 2014 ?
Cette édition 2014 vient clore une trilogie développée autour de la thématique « Riot » entre 2010 et 2013. En 2013 Marseille a été capitale Européenne de la culture, et cette année 2014 marque une évolution par rapport à la communication des années précédentes. La direction du visuel Marsatac 2014 est en effet placée sous le thème de l’illusion… On y découvre une porte double proposant à la fois une ouverture vers les étoiles et une ouverture vers un univers visuel et sonore. Ce visuel illustre assez bien ce que sera cette édition 2014 du festival.

marsatac 2014

tabas festival marseille illustration

Après maintenant 10 ans de collaboration, comment parviens-tu à renouveler l’univers graphique de Marsatac ?
Avec le temps une identité visuelle s’est peu à peu développée, avec comme constante un côté pop et un certain goût pour le fait-main. Chaque année on propose une idée de fond guidée par l’actualité ou nos envies personnelles. Des invasions martienne du début à l’émeute des dernières années, la communication du festival a pris différentes formes.
Le projet de loi Fillon interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public a par exemple donné les flyers bandanas en tissus. Un visuel uniquement typographique pour annoncer la programmation a permis de diffuser des flyers « emballages de pommes ». Le « non visuel », avec l’affiche blanche portée par les artistes de l’évènement nous a permis de mettre la programmation en dehors de l’affiche…
Le thème de l’invasion reste une constante, parfois un peu acide mais toujours bon enfant…
Le plaisir reste un ingrédient essentiel de la création des visuels Marsatac.

festival Marsatac
Affiche « emballage de pomme » pour la 9ème édition de Marsatac.
artiste Marseillais
Cette affiche blanche est une collaboration précédente entre l’artiste Marseillais et le festival.

Quelles ont été tes sources d’inspiration pour cette thématique Illusion de l’édition 2014 ?
Je peux évidemment citer travail de Maurits Cornelis Escher qui reste une référence en matière d’illusion visuelle. J’aime également les « magic black hole » d’Acme que l’on retrouve entre autre dans la série Bip Bip et le Coyote…

illusion visuelle

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Les commandes ne représentent finalement que la moitié de mon travail. L’alternance commandes et projets personnels alimente en permanence mon processus créatif. Je travaille en ce moment sur des évènements musicaux, des projets autour de la nourriture, des marques d’alcool, et je collabore avec le pâtissier Mandonato afin de créer l’identité visuelle de sa patisserie Saint Victor. Je prépare par ailleurs un projet d’exposition dans une immense villa abandonnée des quartiers « riches » de Marseille. C’est une sorte de villa T-moins, une résidence d’artistes qui aura une durée de vie éphémère.

marsatac 25 27 septembre 2014

Plus d’images de Tabas.

GUILLAUMIT nous parle de son expo Brainstorming Dans Un Verre d’Eau

Guillaumit revient pour nous sur cette nouvelle exposition présentée en Octobre 2014 à la libraire Mollat, à Bordeaux.

Semaine Digitale de Bordeaux

Peux-tu nous présenter ton exposition Brainstorming Dans Un Verre d’Eau ?
Cette exposition se déroule du 10 au 18 Octobre 2014 au 91 rue Porte-Dijeaux, à Bordeaux. L’évènement fait partie de la quatrième édition de la Semaine Digitale Bordeaux (#SDBX4), et sera présenté en partenariat avec la librairie Mollat. La Semaine Digitale rassemble plus de 70 évènements, des intervenants de 7 pays, et une vingtaine de lieux investis sur plusieurs villes. C’est le grand rendez-vous numérique de Bordeaux au cours duquel je présenterai donc mon exposition Brainstorming Dans Un Verre d’Eau .

guillaumit brainstorming dans un verre d'eau

Quels travaux montres-tu dans cette nouvelle expo ?
Pour cette nouvelle exposition je propose un grand mur d’images, mélangeant de toutes nouvelles illustrations avec une sélection d’affiches et de réalisations passées.
Le temps d’une semaine, les masques de tribus imaginaires et les monstres corporate côtoieront diverses scènes étranges de la vie quotidienne au travail.

guillaumit illustration librairie mollat

En dehors de la préparation de Brainstorming Dans Un Verre d’Eau, sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je travaille en équipe sur plusieurs projets. Je travaille tout d’abord sur une nouvelle vidéo qui mélange illustration et prises de vue réelles. C’est un projet en cours. On est par ailleurs en train de finaliser une installation digitale qui sollicite la participation du public. Les utilisateurs pourront interagir avec l’installation grâce à leur smartphone en nommant les personnages via une interface web.

illustration exposition personelle guillaumit

Plus d’images de Guillaumit.

JON BURGERMAN s’attaque aux changements climatiques

L’artiste Anglais nous parle des questions d’environnement et de son poster pour la People’s Climate March.

Jon burgerman poster

Peux-tu expliquer au public Francais ce qu’est la People’s Climate March ?
La People’s Climate March s’est déroulée le 21 Septembre 2014 dans la ville de New York, et plus précisément à Central Park entre la 65ème et la 86ème rue. L’évènement vise a sensibiliser le public sur les problèmes climatiques actuels et tente de changer la manière dont les gouvernements répondent à cette crise écologique. J’ai réalisé un poster destiné à être collé dans les rues de la ville pour promouvoir l’évènement. L’image ci-dessus a celle qui a finalement été utilisée tandis que celles ci-dessous sont des versions de travail non retenues.

Jon Burgerman People Climate March

Justement, quelle était ton idée derrière le design de ce poster ?
Je souhaitais proposer une affiche pouvant parler aux gens qui d’habitude ne s’intéressent pas à cette problématique du changement climatique. Je voulais tout au moins aborder le public avec une vulnérabilité que l’on ne trouve d’ordinaire pas dans les messages sur le changement climatique.

poster People Climate March

En travaillant sur ce projet, as-tu appris de nouvelles choses concernant les problèmes environnementaux ?
Pas vraiment, car j’étais déjà conscient de l’état de délabrement de notre climat. Depuis que j’ai déménagé à New York, il y a eu des ouragans, des inondations, des vagues de chaleur et des chutes de neige historiques. Quelque chose va de travers dans notre climat.

affiche people climate march new york

Sur quoi bosses-tu depuis cette People’s Climate March ?
En ce moment je travaille sur des nouveaux design de vêtement, un nouveau livre (et même deux nouveaux livres). Je travaille pour faire des conférences et animer des ateliers, et je fais un peu d’animation. N’hésitez pas à suivre mon Instagram pour rester informer sur mes nouveaux projets et voyages.
Plus d’images de Jon Burgerman.

SOUP nous parle de son rapport priviliégié à la nourriture

Suite à la série de Sticons qu’il a dessiné pour l’application Line, Soup répond à nos questions et nous parle de son obsession pour la nourriture.

icônes Soup guillaume kashima

Nous vous parlions récemment de la série d’icônes que Soup a dessiné pour l’application Line. L’illustrateur remet ça avec de nouvelles images et une série comptant pas moins de 250 Sticons sur le thème de la nourriture. L’occasion pour l’artiste de revenir pour Lezilus sur la place privilégiée qu’occupe la nourriture dans son travail.

smartphone nourriture icônes

Peux tu nous parler de la place particulière qu’occupe la nourriture dans ta carrière d’illustrateur ?
On m’a souvent demandé de travailler sur ce thème. Tout a commencé lorsque Têtu m’a demandé d’illustrer des recettes pour un cahier d’été, il y a maintenant plus de 10 ans. Ils ont aimé le résultat et m’ont alors attitré cette rubrique pendant les années qui ont suivies. J’ai ensuite commencé à recevoir plus de commandes « dans le style », et puis ça a évolué naturellement. Je pense avoir un oeil pour ça maintenant. Je sais ce qui est intéressant dans un plat ou un ingrédient, et j’arrive à le représenter. Chaque année, j’ai 2 ou 3 jobs qui tournent autour de l’alimentation, comme Line qui en ce début d’année m’a commandé 250 emojis sur la nourriture.

food icons

Comment s’est déroulée cette collaboration avec Line justement ?
J’étais hyper motivé à l’idée de créer des emojis qui seraient potentiellement utilisés par des millions de personnes à travers le monde. Jenny – la personne chargée du projet – était super cool et à l’écoute de mes idées. On a vraiment travaillé ensemble.

line sticons

Parle-nous de ton processus de travail avec Jenny ?
Jenny m’envoyait la liste des courses, et je lui disais ce que j’aimais et ce qui ne rendrait rien visuellement. C’était parfois un vrai casse-tête car les emojis devaient pouvoir vivre en grand comme en petit, et sur des fonds de différentes couleurs. J’ai modifié mon style habituel et utilisé des dégradés qui m’ont permit de rester constant quelque soit l’échelle. J’ai fait quelques compromis en ajoutant des contours alors que je trouve ça plutôt moche d’habitude… mais finalement ça rend bien.
Le truc drôle c’est que les personnes impliquées dans ce projet prenaient soin que « leur » plat préféré soit réalisé correctement. Jenny, basée à Los Angeles, m’a fait refaire son « carne asada fries » plusieurs fois. Le super chef de projet à Séoul m’a félicité sur mon bibimbap et mon « grill coréen ».

soup sticons

Quel est ton plat préféré parmi les 250 Sticons que tu as dessinées ?
Halo-Halo ! C’est un dessert des Philippines qui mixe glace pilée, lait concentré et un assortiment d’ingrédients tels que des haricots sucrés, des fruits confits, de la gelée et d’autres ingrédients dont je n’ai aucune idée. C’est très coloré, un peu étrange et sucré… comme mon travail :)

soup line

Sur quoi bosses-tu en ce moment ?
Sur des recettes ! Et oui, encore de la nourriture… Je travaille sur un fanzine en Rizo avec une chef Japonaise. Une sélection de plats « maison » pour sortir des éternels sushis. C’est presque fini. Le prochain sera Espagnol ou Basque.

Plus d’images de Soup.

Actualité des illustrateurs de l'agence