JON BURGERMAN s’attaque aux changements climatiques

L’artiste Anglais nous parle des questions d’environnement et de son poster pour la People’s Climate March.

Jon burgerman poster

Peux-tu expliquer au public Francais ce qu’est la People’s Climate March ?
La People’s Climate March s’est déroulée le 21 Septembre 2014 dans la ville de New York, et plus précisément à Central Park entre la 65ème et la 86ème rue. L’évènement vise a sensibiliser le public sur les problèmes climatiques actuels et tente de changer la manière dont les gouvernements répondent à cette crise écologique. J’ai réalisé un poster destiné à être collé dans les rues de la ville pour promouvoir l’évènement. L’image ci-dessus a celle qui a finalement été utilisée tandis que celles ci-dessous sont des versions de travail non retenues.

Jon Burgerman People Climate March

Justement, quelle était ton idée derrière le design de ce poster ?
Je souhaitais proposer une affiche pouvant parler aux gens qui d’habitude ne s’intéressent pas à cette problématique du changement climatique. Je voulais tout au moins aborder le public avec une vulnérabilité que l’on ne trouve d’ordinaire pas dans les messages sur le changement climatique.

poster People Climate March

En travaillant sur ce projet, as-tu appris de nouvelles choses concernant les problèmes environnementaux ?
Pas vraiment, car j’étais déjà conscient de l’état de délabrement de notre climat. Depuis que j’ai déménagé à New York, il y a eu des ouragans, des inondations, des vagues de chaleur et des chutes de neige historiques. Quelque chose va de travers dans notre climat.

affiche people climate march new york

Sur quoi bosses-tu depuis cette People’s Climate March ?
En ce moment je travaille sur des nouveaux design de vêtement, un nouveau livre (et même deux nouveaux livres). Je travaille pour faire des conférences et animer des ateliers, et je fais un peu d’animation. N’hésitez pas à suivre mon Instagram pour rester informer sur mes nouveaux projets et voyages.
Plus d’images de Jon Burgerman.

SOUP nous parle de son rapport priviliégié à la nourriture

Suite à la série de Sticons qu’il a dessiné pour l’application Line, Soup répond à nos questions et nous parle de son obsession pour la nourriture.

icônes Soup guillaume kashima

Nous vous parlions récemment de la série d’icônes que Soup a dessiné pour l’application Line. L’illustrateur remet ça avec de nouvelles images et une série comptant pas moins de 250 Sticons sur le thème de la nourriture. L’occasion pour l’artiste de revenir pour Lezilus sur la place privilégiée qu’occupe la nourriture dans son travail.

smartphone nourriture icônes

Peux tu nous parler de la place particulière qu’occupe la nourriture dans ta carrière d’illustrateur ?
On m’a souvent demandé de travailler sur ce thème. Tout a commencé lorsque Têtu m’a demandé d’illustrer des recettes pour un cahier d’été, il y a maintenant plus de 10 ans. Ils ont aimé le résultat et m’ont alors attitré cette rubrique pendant les années qui ont suivies. J’ai ensuite commencé à recevoir plus de commandes « dans le style », et puis ça a évolué naturellement. Je pense avoir un oeil pour ça maintenant. Je sais ce qui est intéressant dans un plat ou un ingrédient, et j’arrive à le représenter. Chaque année, j’ai 2 ou 3 jobs qui tournent autour de l’alimentation, comme Line qui en ce début d’année m’a commandé 250 emojis sur la nourriture.

food icons

Comment s’est déroulée cette collaboration avec Line justement ?
J’étais hyper motivé à l’idée de créer des emojis qui seraient potentiellement utilisés par des millions de personnes à travers le monde. Jenny – la personne chargée du projet – était super cool et à l’écoute de mes idées. On a vraiment travaillé ensemble.

line sticons

Parle-nous de ton processus de travail avec Jenny ?
Jenny m’envoyait la liste des courses, et je lui disais ce que j’aimais et ce qui ne rendrait rien visuellement. C’était parfois un vrai casse-tête car les emojis devaient pouvoir vivre en grand comme en petit, et sur des fonds de différentes couleurs. J’ai modifié mon style habituel et utilisé des dégradés qui m’ont permit de rester constant quelque soit l’échelle. J’ai fait quelques compromis en ajoutant des contours alors que je trouve ça plutôt moche d’habitude… mais finalement ça rend bien.
Le truc drôle c’est que les personnes impliquées dans ce projet prenaient soin que « leur » plat préféré soit réalisé correctement. Jenny, basée à Los Angeles, m’a fait refaire son « carne asada fries » plusieurs fois. Le super chef de projet à Séoul m’a félicité sur mon bibimbap et mon « grill coréen ».

soup sticons

Quel est ton plat préféré parmi les 250 Sticons que tu as dessinées ?
Halo-Halo ! C’est un dessert des Philippines qui mixe glace pilée, lait concentré et un assortiment d’ingrédients tels que des haricots sucrés, des fruits confits, de la gelée et d’autres ingrédients dont je n’ai aucune idée. C’est très coloré, un peu étrange et sucré… comme mon travail :)

soup line

Sur quoi bosses-tu en ce moment ?
Sur des recettes ! Et oui, encore de la nourriture… Je travaille sur un fanzine en Rizo avec une chef Japonaise. Une sélection de plats « maison » pour sortir des éternels sushis. C’est presque fini. Le prochain sera Espagnol ou Basque.

Plus d’images de Soup.

STEVEN BURKE revient sur son amour pour la typographie

Lezilus a rencontré l’illustrateur et artiste Steven Burke qui nous fait partager son amour pour la typographie.

steven burke typographie

Comment es-tu venu à la typographie ?
Tout simplement en prenant un stylo et en dessinant des lettres.

lecky left hand typographie

Tu réalises beaucoup de travaux à la main, peux-tu nous parler de ta technique de travail ?
Aucune technique particulière ni redondante, si ce n’est des méthodes classiques de traçage puis encrage ou mise en peinture. J’essaye de changer souvent, c’est bon pour trouver de nouvelles idées

steven burke wheels and waves

Quelles sont tes influences en matière de typographie ?
Je n’en ai pas. J’étais fasciné par les écriture du début du 20ème siècle mais cela fait quelque temps que je ne m’influence plus et puise dans une recherche personnelle.

steven burke handmade sign painting

Sur quels projets travailles-tu actuellement ?
Des écritures à l’acrylique sur bois décoratives, et d’autres projets mais je ne peux pas en parler…

Plus d’images de Steven Burke.

Entretien avec OLIVIER RINCKEL

Olivier Rinckel nous parle de son parcours hors du commun et de ses projets.

dessin de Tomi Ungerer
Cheese – Intépretation d’un dessin de Tomi Ungerer à l’occasion des 80 ans de l’artiste pour « Zut ! magazine ».

Graphiste, cuisinier, autodidacte, parles-nous de ton parcours plutôt atypique ?
À la base j’ai toujours aimé avoir un crayon entre les doigts. J’aurai vraiment aimé trouver un métier en rapport avec le dessin mais comme au collège j’étais tout juste dans la moyenne, on m’a conseillé de choisir un métier plus manuel. J’ai donc opté pour la cuisine, c’est créatif et visuel. J’ai fais pas mal de trucs, de la patisserie, de la cuisine gastronomique, traditionnelle, des pizzas, du traiteur etc. Je ne me sentais pas à ma place derrière les fourneaux, j’avais envie de changement et surtout je dessinais toujours, j’avais même trouvé un canard régional qui m’envoyait des articles et publiait mes caricatures de presse. Alors quand mon dernier patron à mis la clé sous la porte, j’ai repris des études à Lisaa Strasbourg qui proposait une formation en communication. Ça m’a permis d’apprendre à me servir de logiciels et d’expérimenter tout un tas de trucs graphiques. Ensuite j’ai bougé sur Paris, mais je n’ai fais que des stages, en pleine entrée dans la crise les embauches se faisaient rares. J’ai eu plus d’opportunités de travail en créant le Département 281, mon studio de création freelance, ce qui ne m’a pas empêché de continuer à dessiner. C’est d’ailleurs l’intention de me détacher au maximum de mon ordinateur, dépendre le moins possible des logiciels qui m’a amené à ce que je fais aujourd’hui.

olivier rinckel illustration
The Show – accumulation – format 50x65cm.

Comment décrirais-tu ton travail ?
Un bon crayon, du papier et de l’huile de coude. J’aime le manuel, et la performance graphique aussi, les compositions tournantes, les courbes passer par des étapes difficiles…
Le minimalisme c’est efficace, mais je préfère cette sensation d’être abasourdi devant une image pleine d’informations, dont on arrive plus à sortir. Mon truc c’est le détail dans le détail, je prends du plaisir à dissimuler, camoufler des éléments, pour faire plaisir à celui qui ira jusqu’au bout de la lecture de mon image.

Aime Moi Plus
Aime Moi Plus.

Comment approches-tu une nouvelle commande ?
Recevoir un brief est un bon début ! En fait je trouve intéressant le processus de création selon une intention particulière, avoir la contrainte d’une charte ou d’une narration comme point de départ.

Laurence 666
À La Poursuite Du Chien De Blaise – Parution dans Laurence 666 n°4.

Quelles sont tes influences ?
Plus le temps passe et plus je me rends compte qu’il me reste pas mal de traces de l’enfance, des influences de dessins animés, de BD, des systèmes graphiques bien ancrées, l’autre jour je regardait un épisode de Saint Seiya, et j’ai reconnu ma manière dessiner des cheveux longs dans le personnage de Shiryu…
Sinon j’apprécie le mécanisme créatif des surréalistes comme Magritte par exemple, Escher pour la technique, Jérôme Bosch car il est vraiment cinglé.. Autrement j’avoue ne pas chercher trop d’inspiration dans l’art, mais plutôt dans mon propre environnement, les expériences personnelles, ou même l’actualité.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
En ce moment je travaille sur une illustration pour La Folie Douce avec Lezilus, un sujet personnel d’actualité sur le thème des robots et je prépare également des blasons pour le prochain numéro de Laurence 666.

Less is less

Plus d’images d’Olivier Rinckel.

Rencontre avec STEPHEN VUILLEMIN

Lezilus a rencontré l’illustrateur Stephen Vuillemin qui vous en dit plus sur son parcours, ses techniques de travail et son actualité.

illustration pour le New-York Times
Ma dernière illustration pour le New-York Times, pour un article au sujet des relations amoureuses en ligne.

Parles-nous un peu de ton parcours dans l’illustration et l’animation…
J’ai étudié l’animations aux Gobelins à Paris. Ensuite j’ai travaillé comme animateur ou réalisateur – selon les projets – plusieurs années à Paris, puis à Londres où je réside maintenant. À partir de 2011 j’ai commencé à publier des BD animées sur mon blog. À partir de là des contrats d’illustration ont commencé à venir. On me demande encore beaucoup de gifs animés, mais aussi parfois de simples illustrations.

journaliste Hugo Rifkind
Ma derniere illustration pour le GQ anglais. J’y illustre la tribune du journaliste Hugo Rifkind.

Peux-tu nous en dire plus sur ton processus de travail d’animation ?
Je travaille directement à l’ordinateur avec ma Wacom™.

  1. Je fais d’abord un dessin en trait que je soumet au client.
    Je dessine un rough très propre, qui ressemble à ce qu’on peut voir sur mon Tumblr.
  2. Si le client est satisfait je passe tout en couleur.
  3. J’anime enfin ce qu’il y a à animer.
    La plupart du temps ma technique est très traditionnelle et je travaille en animation 2D frame-by-frame. Par contre mes outils sont très modernes et me font gagner beaucoup de temps.
rapports masculin / féminin
Avant de passer en couleur et d’animer, mes dessins peuvent ressembler à ça. Celui-la fait partie d’une série sur les rapports masculin / féminin que je fais pour mon Tumblr.
illustration pour Matter
Ma nouvelle illustration pour Matter pour un article au sujet d’une Application qui permet d’espionner ses amis Facebook dans leur vie intime via leurs dépenses partagées…

Quelles sont tes influences graphiques et narratives ?
C’est toujours un peu compliqué comme question, mais si je dois donner quelques noms de faiseurs d’images dont les choses me tiennent à coeur je dirai : Miyazaki, Otomo, David Lynch, l’estampe japonaise, Cronenberg, Guy Bourdin, Gregg Araki, Toilet paper…
Des sources d’inspiration : Londres, Paris, Internet, les clips de rap, la mode.

réseau internet aux USA
Une illustration pour le New-York Times, pour un article au sujet de la vitesse croissante du réseau internet aux USA.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je termine une série de gifs pour GQ (us). Je fais avancer mon premier livre qui est une BD de science-fiction au crayon de couleur. J’alimente sporadiquement mon Tumblr avec des petits dessins en noir et blanc sur le thème masculin / féminin.

purebakingsoda.fr
Un gif animé pour le blog sur le rap purebakingsoda.

Plus d’images de Stephen Vuillemin.

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